Nous sommes tous concernés !

Agir pour assurer notre sécurité alimentaire et pour soutenir le climat

24% des sols mondiaux sont dégradés à des degrés divers, dont près de la moitié des sols agricoles [source: Bai et al., 2013]

1500 milliards de tonnes de carbone dans la matière organique des sols mondiaux, plus de deux fois le carbone du CO2 atmosphérique [source : GIEC, 2013]

1,2 milliards de tonnes de carbone par an, pourraient être stockées dans les sols agricoles (cultures et prairies) soit un taux annuel de stockage d’environ 4 pour 1000 par rapport à l’horizon de surface du sol (40 premiers centimètres du sol) [source : GIEC, 2014]

24 à 40 millions de tonnes de céréales supplémentaires pourraient être produits chaque année en Afrique, Asie et Amérique du Sud en stockant une tonne en plus de matière organique par hectare [Lal, 2006]

1,2 milliards US $ de perte économique en céréales liée à la dégradation des sols [FAO, 2006]

L’Agriculture pour soutenir la sécurité alimentaire et le climat

En s’appuyant sur de solides bases scientifiques et des actions concrètes sur le terrain, l’initiative "4 pour 1000" vise à montrer que sécurité alimentaire et lutte contre les dérèglements climatiques sont complémentaires et à faire en sorte que l’agriculture et la foresterie apportent des solutions.

Cette initiative consiste en une coalition d’acteurs volontaires dans le cadre du Plan mondial d'action pour le climat (GCAA) soutenue par un programme de recherche ambitieux.

Comment s’y prendre ?

Des mesures politiques  doivent être mises en place pour :

  • Réduire la déforestation
  • Et encourager les pratiques agro-écologiques qui augmentent la quantité de matière dans les sols et répondent à l’objectif de 4 pour 1000 par an.
    Il s’agit par exemple :
    • D’éviter de laisser les sols à nu pour limiter les pertes de carbone
    • Restaurer les cultures, les pâturages et les forêts dégradés
    • Planter des arbres et des légumineuses par exemple, qui fixent l’azote contenue dans l’atmosphère, dans les sols
    • Nourrir les sols de fumier et de compost
    • Collecter l’eau au pied des plantes…

Il existe 570 millions de fermes dans le monde et plus de 3 milliards de personnes vivant en zones rurales qui pourraient mettre en place ces pratiques.

Pour restaurer les sols agricoles, il faudrait compter quelques dizaines de dollars par hectare - l’agroforesterie et la restauration des forêts nécessiteraient des investissements plus importants.

L’accumulation de carbone dans les sols se poursuivrait 20 à 30 ans après la mise en place des bonnes pratiques si celles-ci sont maintenues.

Avec l’initiative "4 pour 1000", les chercheurs se mobilisent pour la sécurité alimentaire et le climat aux côtés des agriculteurs, des associations, des acteurs économiques, des Régions et des Etats.

Pourquoi les sols sont importants pour le climat ?

Des enjeux majeurs !

1. Lutter contre la dégradation des sols

La dégradation des sols menace plus de 40% des terres émergées et les dérèglements climatiques accélèrent ce processus. Cette dégradation a des effets néfastes sur la sécurité alimentaire et les agriculteurs familiaux.

2. Participer à l’objectif de sécurité alimentaire

Notre capacité à nourrir 9,8 milliards d’humains en 2050 dans un contexte de changement climatique dépendra notamment de notre capacité à garder les sols vivants.

La production agricole est fortement corrélée à la santé des sols, dont le principal indicateur est le taux de matière organique. Des sols productifs et stables favorisent directement la résilience des agriculteurs aux dérèglements climatiques.

3. Adapter l’agriculture au changement climatique

Des sols plus riches en carbone sont mieux adaptés aux impacts des dérèglements climatiques, car ils résistent mieux à l’érosion et retiennent mieux l’eau, notamment lors d’événements extrêmes comme les sécheresses.

Des exemples de solutions

L’Initiative "4 pour 1000" veut montrer que l’agriculture peut apporter des solutions concrètes au défi posé par les dérèglements climatiques tout en relevant celui de la sécurité alimentaire à travers la mise en œuvre de pratiques agricoles adaptées aux conditions locales: agro-écologie, agroforesterie, agriculture de conservation, gestion des paysages…

La forte valeur ajoutée de l’Initiative "4 pour 1000"

L’initiative "4 pour 1000" doit permettre de développer des actions concrètes sur le terrain qui bénéficient aux agriculteurs et éleveurs, premiers concernés par la dégradation des terres, et plus largement à l'ensemble de la population mondiale.

Il s’agit d’une initiative multi-partenariale construite autour de deux grands volets d’actions :

  1. Un programme d'actions multi-acteurs, étatiques et non-étatiques, pour une meilleure gestion du carbone des sols afin de lutter contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire, tout en contribuant à l'adaptation au changement climatique et à l'atténuation des émissions
  2. Un programme international de recherche et de coopération scientifique

La gouvernance de l'Initiative "4 pour 1000"

L’Initiative internationale "4 pour 1000" a été lancé le 1er décembre 2015 par Stéphane Le Foll, alors Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, à l’occasion de la COP21 qui s’est tenue à Paris.

Agriculteurs, acteurs économiques, collectivités territoriales et Etats se sont alors mobilisés auprès des chercheurs autour de cette initiative inscrite à l’agenda des solutions lors de la COP21 à Paris.

Le succès du "4 pour 1000" s’est confirmé à la COP22 : rassembler société civile, pays, fonds et organisations internationales autour d’une table était une gageure. En rassembler 200 autour de la question des sols et de l’agriculture, une victoire !

On en parle sur : http://agriculture.gouv.fr/le-succes-du-4-pour-1000-la-cop22

La gouvernance de l'initiative "4 pour 1000" a été lancée à Marrakech et marque un engagement fort des partenaires ! 

Lors de la COP22, 80 des 200 signataires ont souhaité faire partie du consortium, afin de prendre collectivement les décisions notamment sur les orientations, les objectifs du programme de travail, le budget et définir les indicateurs de suivi et d'évaluation des projets.

Aujourd’hui, ce sont 110 organisations partenaires (structures à but non lucratif ni commercial) qui ont rejoint le Consortium et participent ainsi à la prise de décision.

De l’engagement des acteurs aux actions concrètes de terrain

Interview de Paul Luu, secrétaire exécutif de l'initiative "4 pour 1000"

Interviewé à Marrakech, en marge de la COP22, Paul Luu fait le point sur les enjeux de l'initiative "4 pour 1000", dont les instances sont désormais en place.

Son but : permettre que les solutions proposées par les agriculteurs et par les chercheurs (l'agroforesterie, le compostage, l'amélioration de la fertilisation des sols...) soient mises en place au niveau international : la vidéo de l'interview

Comment participer ?

Chaque structure peut agir à son niveau, se faire connaître et partager l’expérience de son projet en rejoignant l’initiative "4 pour 1 000".

Les projets, actions concrètes et résultats en la matière, en particulier les résultats de la recherche, pourront être échangés sur la plateforme collaborative permettant ainsi à chacun de bénéficier de l’expérience de tous.

Ainsi, les États, représentants des agriculteurs et des filières agricoles, organisations internationales, Instituts de recherche scientifique et technique, Collectivités territoriales, Banques de développement, Fondations, Entreprises privées, Organisations non gouvernementales sont invités à participer et à signer la déclaration commune.

Cette initiative est cohérente avec les autres initiatives portant sur la thématique de l'agriculture et du climat et non en concurrence. Elle contribue à l'atteinte des Objectifs du développement durable, notamment l'objectif d'un monde neutre en matière de dégradation des terres.

Vous avez la possibilité d’agir au sein de l’un ou l’autre des volets de l’initiative

Un programme d'action multi-acteurs

Pour une meilleure gestion du carbone des sols afin de lutter contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire, tout en contribuant à l'adaptation au changement climatique et à l'atténuation des émissions grâce à :

1) Une gestion locale : la mise en œuvre au niveau local de pratiques agricoles et de gestion des milieux favorables à la restauration des sols, à l’augmentation de leur stock de carbone organique, à la protection des sols riches en carbone et à la biodiversité.

2) La formation : la mise en place de programmes de formations et de vulgarisation pour favoriser ces pratiques; le financement des projets de restauration, d'amélioration et/ou préservation des stocks de carbone dans les sols. 

3) Les politiques publiques : l'élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques et outils adaptés. 

4) Des chaînes d’approvisionnement : le développement de chaînes d’approvisionnement en produits agricoles respectant les sols…

5) Un programme international de recherche et de coopération scientifique : "Le carbone dans les sols" : un enjeu de sécurité alimentaire" portant sur quatre questions scientifiques complémentaires :

  • l'étude des mécanismes et l'estimation du potentiel de stockage du carbone dans les sols selon les régions et les systèmes
  • l’évaluation des performances des pratiques agricoles vertueuses et de leurs conséquences sur la séquestration et sur les autres services de production et de régulation
  • l’accompagnement des innovations et leur stimulation par des politiques adéquates
  • le suivi, la notification et la vérification des résultats (MRV- measuring, reporting and verification), en particulier à destination des agriculteurs.

Comment contribuer ?

Les acteurs de cette initiative s’engagent à ce que, grâce à leurs actions, un maximum de sols agricoles bénéficie de pratiques permettant de maintenir ou d’améliorer leur teneur en carbone ou de préserver les sols riches en carbone.

Chaque acteur qui prend des engagements en signant la Déclaration d’Intention commune devra préciser quel objectif il se fixe, quel type d’actions il met en œuvre selon quel calendrier et avec quelles ressources.

L’ensemble des partenaires adhérents à la démarche et signataire de la Déclaration d’Intention commune, ont été invités à participer au lancement officiel de l’opération pendant la COP21, le 1er décembre 2015, dans le cadre du Plan d’action Lima-Paris (LPAA).

Concrètement, comment faire pour s’engager ?